L'épicondylite latérale, plus connue sous le nom de "tennis elbow", est l'une des tendinopathies les plus fréquentes du membre supérieur. Elle touche entre 1 et 3 % de la population générale et représente la principale cause de douleur chronique du coude chez l'adulte actif. Contrairement à son nom, elle concerne davantage les travailleurs manuels que les tennismen.
Qu'est-ce que l'épicondylite latérale ?
L'épicondyle latéral (ou épicondyle externe) est une saillie osseuse à la face externe du coude, sur l'humérus. Il donne insertion aux muscles épicondyliens latéraux, principalement l'extenseur commun des doigts et l'extenseur radial court du carpe (ECRB). Ces muscles permettent l'extension du poignet et des doigts.
L'épicondylite est une tendinopathie d'insertion : une dégénérescence du tendon commun des épicondyliens à son point d'insertion sur l'épicondyle, liée à des microtraumatismes répétés. Le terme "ite" est en réalité impropre car il s'agit davantage d'une dégénérescence tendineuse (tendinose) que d'une inflammation.
Qui est concerné ?
- Adultes entre 35 et 55 ans (pic d'incidence)
- Travailleurs manuels : maçons, plombiers, peintres, boulangers, cuisiniers
- Professions utilisant la souris d'ordinateur de façon intensive
- Tennismen (revers à une main avec mauvaise technique)
- Le coude dominant est atteint dans 75 % des cas
Symptômes du tennis elbow
- Douleur à la face externe du coude, irradiant vers l'avant-bras, parfois jusqu'au poignet
- Douleur déclenchée par l'extension contrariée du poignet et des doigts (test de Cozen)
- Point douloureux précis à la palpation de l'épicondyle latéral
- Faiblesse de la prise : difficulté à serrer une main, porter un sac, tenir une tasse de café
- Aggravation par les activités répétitives (vissage, coup de revers, frappe sur un clavier)
- Évolution souvent prolongée : 12 à 18 mois dans la plupart des cas sans traitement
Comment diagnostique-t-on le tennis elbow ?
Le diagnostic est essentiellement clinique. Les tests provoqués (Cozen, Mills) reproduisent la douleur épicondylienne. L'échographie confirme le diagnostic en montrant une tendinose de l'ECRB (tendon hypoéchogène, épaissi) et permet de guider les infiltrations. L'IRM est réservée aux formes atypiques ou avant une chirurgie.
Traitements de l'épicondylite
Traitement médical de première ligne
La grande majorité des épicondylites guérit spontanément en 12 à 18 mois avec un traitement conservateur bien conduit :
- Repos relatif et éviction des gestes déclenchants
- Épicondylite brace (sangle contre-force) portée lors des activités
- Anti-inflammatoires locaux (AINS topiques) et/ou oraux sur courte durée
- Kinésithérapie : étirements excentriques, ondes de choc extracorporelles (ESWT), physiothérapie. Les ondes de choc ont montré leur efficacité dans les formes chroniques.
- Infiltrations de corticoïdes : efficaces à court terme (4-6 semaines) mais sans bénéfice à long terme si répétées. À éviter au-delà de 2-3 injections.
- Injections de PRP (plasma riche en plaquettes) : résultats prometteurs dans les études récentes
Traitement chirurgical
La chirurgie est indiquée après 6 mois de traitement médical bien conduit sans amélioration satisfaisante. Elle concerne environ 10 % des patients.
Le Dr OCA réalise la ténotomie des épicondyliens par voie arthroscopique ou mini-ouverte :
- Désinsertion partielle du tendon dégénéré de l'ECRB sur l'épicondyle
- Résection de la zone tendineuse pathologique (tendinose)
- Voie arthroscopique : avantage de visualiser et traiter les pathologies intra-articulaires associées (synovite, corps étranger)
- Chirurgie ambulatoire, sous anesthésie locorégionale
- Durée : 30 à 45 minutes
Récupération après chirurgie
- J0 à J15 : attelle et repos relatif
- 3 à 6 semaines : kinésithérapie progressive
- 3 mois : reprise du sport et des activités manuelles lourdes
- Arrêt de travail : 3 à 6 semaines selon le type d'activité professionnelle
Les résultats chirurgicaux sont excellents dans 85 à 90 % des cas, avec disparition durable des douleurs.
Épicondylite vs Épitrochléite
À ne pas confondre avec l'épitrochléite (golfer's elbow), qui touche la face interne du coude (épicondyle médial). Les symptômes sont similaires mais localisés à l'intérieur du coude.
En résumé
- L'épicondylite est une tendinopathie d'insertion à la face externe du coude
- Elle guérit spontanément dans 90 % des cas en 12-18 mois
- Kinésithérapie, ondes de choc et infiltrations sont les traitements de première ligne
- La chirurgie (ténotomie) est proposée après 6 mois d'échec du traitement médical
- Résultats chirurgicaux excellents dans 85-90 % des cas